SECRETS D’ATELIER

Qui n’a pas rêvé un jour de pousser la porte d’un atelier pour y observer la magique naissance d’un bijou ?
Entrez … Je vous invite à découvrir mes secrets . 

Situé en plein cœur du Parc Régional du Gâtinais en Île de France mon atelier Bélisame Créations est comme un petit espace hors du temps, une « bulle-laboratoire » où la transformation des matières donne une forme concrète à mes rêveries. Le passage magique d’une motte d’argile à une porcelaine fine, l’alchimie des émaux ou du verre filé, la douceur d’un bois poli, c’est tout un univers fascinant et sensuel qui donne naissance à mes bijoux Bélisame.

Battage de la pâte de porcelaine

La pâte de porcelaine doit être battue vigoureusement avant d’être façonnée pour libérer les bulles d’air qui y sont emprisonnées. Sa composition particulière la distingue des autres argiles . Elle est constituée d’un mélange de quartz, de feldspath et de Kaolin , une recette chinoise datant de deux mille ans mais dont le secret n’a été découvert par les occidentaux qu’au XVIII ème s.

Étirement de la pâte au rouleau .

L’argile doit être aplatie au rouleau en bois sur une plaque poreuse afin d’éviter qu’elle n’adhère au support. Elle est ensuite découpée avec des emporte-pièces.

Façonnage d'une perle.

Les perles sont façonnées à la main à l’aide de petits outils permettant ainsi toutes sortes de formes et un caractère unique à chacune .

Pâte teintée dans la masse.

La pâte de porcelaine peut être teintée dans la masse avec des pigments qui résistent aux hautes températures tel que le cobalt. Le résultat est très esthétique après cuisson par son aspect jaspé .

Première cuisson de la porcelaine.

Une fois parfaitement sèches les pièces de porcelaine sont enfournées pour une première cuisson. Le four monte en température pendant 9 heures avant d’atteindre 900 ° c  afin d’éviter que des tensions internes provoquent des casses.

Défournement après la première cuisson.

A la sortie du four les pièces sont appelées « dégourdis ». Elles ne sont pas encore devenues des porcelaines mais elles peuvent être travaillées entre les deux cuissons en réduisant les risques de casse.

Dégourdis après ponçage.

Les dégourdis sont poncés finement au papier de verre pour obtenir une surface bien lisse en vue de leur future décoration..

Perçage en prévision du montage du bijou.

Préparation de petits trous qui permettront d’y enchâsser des pierres  fines ou des clous d’argent au moment du montage du bijou.

Émaillage d'un dégourdi.

Le dégourdi peut rester nu pour la cuisson finale. Il donnera alors une pièce aux surfaces mates et douces appelée biscuit. Le plus souvent le dégourdi reçoit une couverte destinée à donner une belle surface brillante et translucide après cuisson.

Pose du céladon sur des dégourdis de pendentifs.

La couverte en céladon est passée au pinceau en trois couches afin d’obtenir une belle couverte onctueuse et translucide proche du jade.

Les perles en cours de séchage.

Les perles en dégourdi ont été émaillées par trempage. A présent elles sèchent sur leur bâtonnet dans l’attente de la deuxième cuisson.

Deuxième cuisson des dégourdis.

Les dégourdis sont replacés dans le four pour la cuisson la plus importante, celle qui va les transformer en porcelaine sonnante et translucide. La température monte par paliers successifs jusqu’à 1250 ° c. Cette cuisson provoque la vitrification de la pâte et la fusion de la couverte avec le biscuit.

Défournement des porcelaines.

Il faut patienter une dizaine d’heures avant de pouvoir ouvrir le four pour éviter la casse au refroidissement. Les pièces ont à présent acquis une dureté, une brillance et une sonorité incomparable .

Le céladon à la sortie du four.

L’émaillage au céladon est un instant magique. La couverte onctueuse met en valeur le décor gravé dans le dégourdi en soulignant en foncé les zones de creux. Il s’agit d’une technique traditionnelle très appréciée dans la Corée ancienne.

Décor sur porcelaine.

Lorsque la pièce est devenue une porcelaine à part entière elle peut être décorée par un motif dessiné à la plume qui nécessitera une troisième cuisson .

Préparation des couleurs du décor.

Les couleurs destinées à décorer les bijoux sont des préparations à base de poudres d’oxydes mêlées de fondant, d’un médium huileux et d’essence de térébenthine. Elles sont le plus souvent passées au pinceau mais elles peuvent aussi être projetées sur la pièce avec un aérographe.

Pose des couleurs sur une broche en porcelaine.

La pose des couleurs peut nécessiter plusieurs cuissons successives.

Pose de l'or sur une couverte céladon.

Après le troisième feu il est possible d’ajouter un décor à l’or ou au platine à l’aide d’un pinceau très fin. Cela ne peut être fait qu’en dernière cuisson car les métaux précieux ne supportent pas une température supérieure à 700 ° c.

La Porcelaine.

  Depuis 30 000 ans l’homme façonne l’argile pour créer des petites figurines ou consolider sa maison. Puis un peu avant le néolithique il eut l’idée de la faire cuire pour donner plus de solidité à ses récipients et ses objets décoratifs ou sacrés.

Matière inépuisable offerte par notre planète elle ouvre des possibilités infinies dans le domaine artistique. Elle peut être modelée, tournée, moulée, imprimée, gravée, découpée, percée, engobée, émaillée, peinte, dorée …

En bijouterie c’est vraiment la matière idéale pour laisser libre cours à son imaginaire créatif.

Pour donner naissance à un bijou de porcelaine Bélisame  la pâte de kaolin a subi plusieurs cuissons: une première à 900 °c pour le dégourdi, une deuxième à 1250 °c pour devenir une vraie porcelaine et recevoir éventuellement une couverte puis une ou plusieurs cuissons à basses températures ( 650 à 850 °c) afin de fixer les couleurs, l’or ou le platine du décor.

Pour en savoir plus sur les phases successives de fabrication de mes bijoux je vous propose de cliquer sur les diaporamas.

 

L’émail sur Cuivre.

Les premiers témoignages d’émaillage sur du métal ont été découverts dans la ville antique de Mycènes mais cette invention découle d’une tradition déjà longue du travail du verre.
Depuis l’antiquité les émaux sont utilisés pour décorer de couleurs brillantes des objets en métal comme l’or, l’argent, le bronze ou le cuivre. Par sa beauté chatoyante proche de celle des pierres précieuses, la résistance de ses couleurs mais aussi son coût moindre, l’émail aura un réel succès à toutes les époques, de l’Orient à l’Occident.
Les techniques de création parfois extrêmement sophistiquées
 feront la réputation de grands centres comme Byzance ou Limoges au Moyen-age.

C’est avec un plaisir infini que je joue avec les émaux de couleurs pour orner certains de mes bijoux Bélisame.

L'émaillage sur cuivre.

L’émaillage sur cuivre permet d’obtenir des effets décoratifs tout à fait étonnants évoquant certaines pierres semi-précieuses.

La découpe du support en cuivre.

Grâce au bocfil de bijoutier il est possible de faire varier à l’infini le contour du support.

Dépose des émaux.

Les émaux sont posés sur le support sous forme de poudre ou dilués dans de l’eau. Il est possible de poser des couches successives entre chaque cuisson pour faire jouer les couleurs entre elles.

Mise au four.

Les cuissons sont très courtes et durent à peine une minute. Il faut être vigilant pour défourner au bon moment.

Ponçage des bords de la pièce.

Pendant la cuisson le cuivre s’est oxydé. Il faut le poncer pour retrouver la teinte orangée du métal.

Une pièce terminée.

Lorsque la pièce émaillée est terminée elle est prête à être intégrée dans la composition d’un bijou narratif.

Instants magiques à l'atelier.

Le façonnage de la perle de verre se fait au chalumeau en utilisant un mandrin en acier préalablement recouvert d’une couche de séparateur.

Le jeu multicolore des baguettes de verre.

Le verre se présente sous la forme de bâtonnets multicolores opaques, translucides ou transparents.

La fusion du verre.

Le bâtonnet de verre fond au contact de la flamme et vient s’enrouler autour du mandrin pour prendre la forme d’une perle.

La perle prend forme.

Il est délicat de former une perle bien régulière en jouant sur la rotation du mandrin et la pesanteur. Il est possible d’utiliser une palette en graphite pour aplatir la perle ou la façonner à son gout. L’ajout de couleurs successives fait naître toutes sortes de sophistications.

La recuisson.

A la sortie du chalumeau un passage au four est nécessaire pour éviter que la perle ne se casse par la suite. En effet le refroidissement doit se faire de façon très progressive suivant une courbe de température bien précise afin d’éliminer toutes les tensions à l’intérieur du verre.

Les perles de verre à la sortie du four.

Malgré toutes les précautions prises certaines perles se casseront en quittant le mandrin mais qu’il est merveilleux de découvrir le jeu des couleurs et des transparences à la sortie du four !

Le verre filé au chalumeau.

Les premières perles de verre sont nées à Sumer en Mésopotamie il y a 4500 ans dans le but probable d’imiter les pierres précieuses. En Egypte la maîtrise des arts du feu de plus en plus sophistiquée leur permettront de supplanter turquoises et lapis-lazuli. Mais c’est le succès des perles phéniciennes dans toute la méditerranée antique qui favorisera leur extension jusqu’en territoire celtique.

Le gout des peuples nomades pour les parures colorées, le développement de l’art du verre à Venise à la chute de Byzance, le marché immense ouvert par la découverte du nouveau monde et les échanges avec l’Afrique ont participé activement à son développement dans le monde entier.

Les perles de verre filées au chalumeau apportent un chatoiement multicolore et une touche de sensualité à mes créations Bélisame.

Le bois. 

Contrairement à l’argile le bois est une matière première issue du vivant qui porte inscrite dans son corps toute l’histoire de sa vie. Chacun de ses cernes nous raconte année après année l’action du soleil, du vent ou de la pluie sur sa croissance et nous offre un formidable outil de repérage dans le temps.

Sa place dans mes bijoux narratifs a été une révélation pour moi le jour où j’ai découvert les lukasas africains au Musée du Quai Branly à Paris. Ces petites tablettes en bois recouvertes de perles multicolores servent d’aide mémoire depuis les temps anciens pour la transmission des mythes et épopées de la culture Luba.
Depuis, je cherche à retrouver dans mes bijoux Bélisame ce pouvoir évocateur magique et cette sensualité du bois patiné par le temps.

Tombées de chêne ancien.

Les cernes de croissance sur ces tranches de bois ancien promettent un rendu très esthétique après le façonnage.

Façonnage de la pièce de bois.

La pièce de bois est façonnée, poncée puis polie de façon à mettre en valeur sa beauté organique.

La préparation d'une broche en bois.

La pièce de bois est préparée pour servir de support à d’autres éléments décoratifs afin de former une broche narrative.

Broche narrative Bélisame.

Différentes matières colorées plus ou moins précieuses sont associées au bois poli pour former un bijou narratif.

Un Lukasa au Musée du quai Branly.

Ce lukasa exposé dans une vitrine du Musée du Quai Branly a été une source d’inspiration décisive pour mes bijoux narratifs.

Le Ready-made.

Mes tiroirs regorgent de petits objets hétéroclites, cassés ou dépareillés mais qui peuvent devenir d’étonnantes « madeleines de Proust ».

Les Objets trouvés.

J’ai toujours rempli mes poches de tessons ou de fossiles ramassés aux bords des chemins. Ils peuvent trouver place dans un bijou narratif.

Matières précieuses et semi précieuses.

Corail, perles fines, Amazonites, grenat… Autant de petites touches de préciosité et de sensualité très appréciable dans un bijou narratif.

Opales d'Ethiopie.

Les pierres fines sont souvent utilisées dans leur état d’origine avec leurs défauts et leur cassures pour rester au plus proche du monde minéral.

Les apprêts.

Les apprêts utilisés lors du montage final du bijou sont le plus souvent en argent massif ou en Gold-filed, un placage  » à l’américaine » qui garantit 30 % du poids de l’apprêt en or. Mais il m’arrive aussi d’utiliser le cuivre ou le laiton pour me rapprocher des métaux utilisés dans l’Antiquité tels que le célèbre et mythique Orichalque ou « or des Montagnes ».

Le montage d'un bijou.

L’association des matières, des couleurs et des formes joue un rôle premier dans le coup de cœur ressenti devant un bijou. Cette émotion première entraîne le spectateur vers une deuxième lecture de l’objet, celle de l’évocation et du voyage. .

Ready-Made, objets trouvés et matières précieuses.

C’est en 1916 que l’artiste Marcel Duchamp eut l’idée de signer un simple porte-bouteille le transformant ainsi en une oeuvre d’art. Le « Ready-Made » était né. La définition qu’en donnera André Breton quelques années plus tard est claire : « Objet usuel promu à la dignité d’objet d’art par le simple choix de l’artiste ». Les associations de ces « objets tout faits » évoquent une démarche presque magique par leur pouvoir évocateur. A la question de savoir comment il choisissait un « ready-made », Marcel Duchamp répondait : « Il vous choisit pour ainsi dire ».
La collecte des objets trouvés peut jouer le même rôle dans la suggestion émotionnelle. Il peut s’agir d’un fossile, d’un coquillage ou d’un silex ramassé sur le bord du chemin. L’apparition des cabinets de curiosités à la Renaissance montre à quel point l’être humain garde une capacité d’émerveillement enfantin pour des petits objets qui le fascinent. Piocher dans mes propres collections pour composer mes bijoux est un jeu tout à fait excitant et inspirant.
Mais pour moi un bijou doit aussi comporter une part de préciosité. C’est la raison pour laquelle j’aime ajouter dans certaines de mes créations Bélisame des matières plus précieuses, organiques (corail, ambre, perles d’eau douces…) ou minérales (grenats, aigues marines, lapis-lazuli, topaze…). De même je prends soin de choisir des apprêts de qualité tels que l’argent 925 ou le Gold-filled lorsque j’opère le montage final de mes bijoux.